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Zoom sur le Tournoi Porthos

  • 16 janv.
  • 4 min de lecture

Une touche, une minute, et cette petite voix qui dit “ne pas perdre”....

On s’équipe, on ajuste le masque, on serre la poignée. Autour, ça s’échauffe, ça s’observe, ça plaisante à moitié. Mais, au fond, tout le monde pense à la même chose : ici, il n’y a pas le droit à l’erreur.


Une minute. Une seule touche. Au Tournoi Porthos, on n’entre pas dans le match progressivement. On y est projeté.

Avant même le premier salut, un tirage au sort désigne celui ou celle qui sera déclaré(e) vainqueur(e) si le temps s’écoule sans touche.

Un détail qui a son importance.

Il n’y a plus de stratégie d’attente, plus de match “à gérer”. La minute devient un compte à rebours, et l’esprit bascule immédiatement dans un mélange étrange : l’envie de gagner, l’urgence d’agir…

Et cette peur sourde, très humaine, de la possibilité de "sortir tout de suite"...


Une mécanique simple, une pression maximale

Le ton est posé dès le départ. Les tireuses et tireurs sont répartis de manière aléatoire sur 16 pistes. Et sur chacune d'entre elles, dans moins d'un quart d'heure, il n'en restera qu'un(e).

Là, pas de rattrapage : ce mini-tableau, c’est une porte à franchir et qui peut se refermer vite ! Mieux vaut rapidement se prendre au jeu.

Dans cette première phase, on avance avec le sentiment d’être à la fois léger et lourd : léger parce qu’en une touche on peut renverser n’importe qui, lourd parce qu’une malheureuse touche peut aussi vous sortir.

À chaque entrée en piste, il faut recommencer le même travail intérieur : calmer le bruit, faire taire la précipitation, retrouver le geste simple.

Respirer. Regarder. Décider...


Premier objectif : Devenir finaliste

À la fin de chaque mini-tableau, il ne reste qu’un nom : seize finalistes. Un second tirage aléatoire vient alors déterminer les rencontres du tableau de 16.

Les règles ne changent pas. Mais la pression, elle, monte d’un cran :

Désormais, tout le monde sait que chaque touche peut être la dernière et que la seule option possible est de tenir jusqu'au bout !


“Mort subite” : l’escrime ramenée à son essence

C’est là que l’on comprend l’ADN du Tournoi Porthos.

Ce n’est pas un format “rapide” : c’est un format exigeant.


Il demande de savoir entrer dans l’intensité immédiatement, de faire le bon choix sans filet, de ne pas se crisper au moment décisif. Et surtout, il impose une discipline mentale rare : transformer le stress en attention, changer la peur en envie.


Car le facteur stress, ici, n’est pas un accident. Il fait partie intégrante du jeu. Il est dans la capacité de chacun à gérer la situation :

Gagner, c’est continuer… et perdre, c’est sortir.

Le véritable esprit du duel, bien connu d'un autre sport

Un face-à-face, un instant, une décision, une touche suffit, c'est l’esprit originel du duel qui est ici recherché.

Chaque victoire se construit par une lecture du jeu, un tempo, une intention, une décision...

Le format a été fortement inspiré par l’épreuve d’escrime du pentathlon moderne dont la forme est une poule unique en une touche. Si par essence, l'adaptation constitue pour les pentathlètes une seconde nature, ne doit-il pas en être de même pour l'escrimeur ?

Là où les formats plus traditionnels vous laissent le temps de corriger, d'écrire une histoire à un assaut, le Tournoi Porthos vous demande d’être juste tout de suite, et de l’être de nouveau au match suivant. Comme une épreuve d'endurance mentale.


La part de chance… et la part de maîtrise

Oui, un match en une touche comporte forcément une part d’incertitude. Un départ, un contre-temps, un centimètre, et tout bascule.

Ceci dit, la grande majorité des vainqueurs de ce tournoi semblent n'attribuer qu'une très faible part à la chance dans leur victoire du jour.

La structure du tournoi limite fortement la “loterie”. Pour gagner Porthos, il faut enchaîner de nombreuses victoires. Un duel peut surprendre ; le tournoi est relevé.

Les compétences mises en avant sont des qualités durables : la capacité à répéter l’exigence, à rester lucide quand la minute s’écoule, à se remobiliser immédiatement, à accepter la pression… sans la subir.

Gagner Porthos, ce n’est pas “passer entre les gouttes” : c’est franchir des portes successives, avec une règle de répétition qui ne pardonne pas.


Un terrain où la mixité devient naturelle

Dans un format aussi court, les différences physiques ne sont pas forcément prépondérantes.

Ce qui compte, ce sont d’autres compétences : la prise d’information, le timing, la lecture tactique, la maîtrise

émotionnelle, la capacité à oser au bon moment.

C’est aussi pour cela que filles et garçons peuvent s’y exprimer à armes égales.

Et les chiffres le confirment :

  • en 2025, 7 filles figuraient parmi les 16 finalistes.

  • En 2024, Grace Donzalla s'est inclinée en finale face à Xavier Cuadrado suite à deux touches doubles.


Ici, l’enjeu n’est pas de “tenir” un match long ; l’enjeu est de produire le bon geste avec détermination, dans un temps très court, sous tension, et de recommencer.


Au delà des émotions, un enjeu

Au terme du Tournoi Porthos, il ne reste pas seulement un vainqueur.

Il reste une trace, presque physique : la sensation d’avoir vécu une expérience différente, traversé un défi où l’on apprend autant sur soi que sur sa technique.

Ce tournoi souhaite rappeler que l’escrime n’est pas seulement une affaire de touches accumulées, mais une affaire d’intention, de décision, de maîtrise de soi et de l’instant.

Les 23 et 24 mai prochains, à Lyon, Porthos promet à nouveau cette intensité rare : une compétition brève, lisible, exigeante, où l’on ne triche pas avec l’instant.

Un évènement à vivre, tout simplement !

Et cette vérité, toujours la même, qui résonne à chaque entrée en piste : surtout gagner… et, avant tout, ne pas perdre.

L’on sait déjá qu’un(e) seul(e) y parviendra.

 

 
 
 

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